Mesdames et Messieurs, chers habitants des 6e et 8e arrondissements de Marseille,
 
Cette année, j’y reviendrai, j’ai décidé de ne pas organiser la grande cérémonie officielle, institutionnelle, de présentation des vœux à la population. Mais pour autant il n’est pas question, il n’a jamais été question pour moi de déroger à la tradition de présentation des vœux.
 
Je suis attaché, très attaché aux traditions car pour moi l’héritage du temps passé doit éclairer et structurer la réalité d’aujourd’hui.
 
Défendre, valoriser nos traditions et nos racines est un de mes engagements et je m’y tiens. C’est donc sous cette nouvelle forme plus moderne, plus directe, plus exhaustive puisque, à travers les réseaux sociaux, je peux m’adresser à tous, que je souhaite, du fond du cœur, à chacune et à chacun d’entre vous, une bonne et heureuse année 2019.
 
Que 2019 tienne éloignés de vous tous les nuages malfaisants de la maladie ou de la désunion familiale ; que ce soit une année de paix, de sérénité, d’harmonie, de rêve, de rire, d’amour et d’amitié. Qu’elle soit meilleure que 2018 qui a été une année dure, une année dure pour Marseille, frappée par le drame abominable du 5 novembre et la disparition de 8 de nos concitoyens… un deuil qui marquera à jamais, d’une pierre noire, l’histoire de notre vie.
 
A ce stade et en ce début d’année au moment des vœux, je ne veux rentrer dans les polémiques. Pour moi il n’y a rien de pire que la polémique politicienne sur le dos des victimes. Je dirais juste que, à ma place, dans mes responsabilités qui sont ou qui seront les miennes, je ferai tout pour que cela n’arrive jamais plus.
 
L’année a été dure aussi pour notre pays avec un mouvement populaire spontané, une crise sociale sans précédent. Les tensions sont fortes, les violences menacent et même la République a été ébranlée.
 
C’est pour cette raison que j’ai décidé de ne pas organiser cette année la cérémonie de vœux, consacrer les économies correspondantes à des actions de solidarité qui viendront rythmer chaque mois l’année 2019. Des actions de solidarité en faveur des plus faibles, des plus fragiles des habitants des 6e et 8e arrondissements, ces quartiers que l’on dit privilégiés, qui le sont, à certains égards mais dans lesquels il y a aussi des difficultés. Et bien nous allons, tout au long de l’année, prendre des initiatives pour essayer de faire du bien à ceux qui en ont le plus besoin, j’aurai l’occasion de vous présenter, de façon plus précise, ces initiatives à la fin du mois de janvier.
 
Je parlais d’un mouvement social sans précédent, celui que les médias ont appelé le mouvement des « gilets jaunes ». Comment ne pas, quand on est un responsable politique, se positionner par rapport à ce mouvement populaire, puissant et inédit. Je veux vous dire mon sentiment en toute sincérité, la vérité en face : je me suis senti très gilets jaunes lorsque nos concitoyens ont revendiqué, sur les ronds-points ou dans les rues, pour une amélioration du pouvoir d’achat. Une amélioration du pouvoir d’achat des petits salaires, une revalorisation des petites retraites, de ces retraités, de ces femmes seules en particulier qui ne peuvent pas vivre avec moins de 900€/mois, qui ont revendiqué pour qu’on revienne sur l’augmentation de la CSG pour les petites retraites. Je me suis senti totalement en phase avec eux. Il faut dans ce pays, à coup sûr, revaloriser le travail par rapport à l’assistanat social généralisé, je me suis senti en phase avec eux lorsqu’il s’est agi de se plaindre d’un trop plein de fiscalité, de charges, de complexités administratives diverses et variées.
 
Oui, j’ai été à ce moment-là très gilets jaunes !
 
Je me suis senti moins gilets jaunes, lorsque la revendication essentielle du mouvement est devenue le referendum d’initiative citoyenne. Je veux m’en expliquer car c’est une aspiration légitime : pour moi, la démocratie passe obligatoirement par la représentation, des élections et des élus.
La démocratie, exclusivement directe, peut devenir la démocratie populaire, celle qui s’est transformée en dictature dans les pays de l’Est. Je refuse la gouvernance des réseaux sociaux, des chaînes d’information continue, de l’émotion et de l’instantanéité, la gouvernance a besoin de cohérence, d’un cap et ne peut pas se résumer aux mouvements des sondages.
Imaginons qu’il y ait demain un referendum sur l’initiative citoyenne sur la sortie de l’Europe, par exemple, et que le oui l’emporte et puis que dans un an le mouvement s’inverse et que la population soit plutôt pour le maintien de l’Europe, donc faire un referendum pour y revenir et ainsi de suite en fonction des évolutions, une opinion que l’on sait naturellement versatile.
 
Voilà pourquoi sur le référendum d’initiative citoyenne je me suis senti moins gilets jaunes même si j’admets volontiers et je veux qu’on s’y essaie ici à la mairie des 6e et 8e arrondissements, qu’il faut trouver le moyen de mieux faire participer le citoyen à la gouvernance et à la direction des affaires qui le concernent.
 
Et puis, je ne me suis pas senti, je ne me suis plus du tout senti gilets jaunes, j’ai même été totalement anti gilets jaunes lorsque certains d’entre eux se sont livrés à des violences, des violences contre les forces de l’ordre, contre les policiers, contre les pompiers, lorsqu’ils ont mis à mal le commerce de nos centres villes et des petites entreprises qui ne sont pas dirigées par des nantis et qui souffrent terriblement, j’ai trouvé, à ce moment-là, que le mouvement manquait de responsabilités.
 
Aujourd’hui, à ma place, ici à la mairie des 6e et 8e arrondissements, je ferai tout pour essayer d’apaiser les colères, de recoudre le tissu social et peut-être que j’en tire la leçon moi aussi qu’il faut parfois mieux écouter, plus écouter.
L’année 2018 a été dure, je l’ai dit, mais elle n’a pas empêché l’équipe qui m’entoure ici à la mairie des 6e et 8e arrondissements d’agir toujours plus si possible au plus près de vos préoccupations, pour améliorer votre quotidien sur les choses qui pourraient paraître futiles ou de peu d’importance mais qui, dans la vie de tous les jours, ont une grande importance.
 
Alors notre année 2018, a été placée sous le signe du développement durable avec une fantastique réussite de notre opération de nettoyage du Littoral avec près de 1 000 marseillais, non pas de 7 à 77 ans mais de 4 à près de 90 ans qui sont venus participer. Tiens, voilà un bon moyen de faire participer le citoyen à l’action publique, à l’action collective, ça a été aussi « j’aime mon 6/8 propre, je participe ! ». La propreté, un des problèmes de notre ville, en particulier dans nos deux arrondissements, n’est pas de la compétence des maires de secteur mais c’est mon quotidien, on m’en parle, je les vois les problèmes toute la journée dans toutes nos rues alors, à ma place, avec mon Adjoint, on a pris des initiatives pour apporter notre pierre à l’édifice, pas pour tout résoudre mais pour sensibiliser, pour aider le citoyen à participer à jeter son mégot dans une boîte, plutôt que dans le caniveau.
 
On a voulu aussi, en 2018, vous donner la possibilité de récupérer chaque semaine à Bagatelle un panier de fruits et légumes bio en circuit court, une opération gagnant gagnante qui vous permet d’avoir des produits de qualité et à nous d’aider des agriculteurs de notre territoire des Bouches-du-Rhône.
 
On a bien entendu, dans le domaine de l’animation, maintenu nos grandes manifestations : Musiques à Bagatelle, la fête du secteur avec, cette année, le spectacle inoubliable de notre humoriste marseillais qui a conquis Paris, « Zize du Panier », et puis j’y ai tenu, notre village de Noël et nos crèches de Noël, au mois de décembre, avec un grand succès de fidélité dont je vous remercie et j’en profite, sans agresser personne, sans créer des barrières, pour dire que, tant que je serai le Maire des 6e et 8e arrondissements, nous aurons ce village de Noël, nous aurons des crèches de Noël à Bagatelle pendant la période de Noël pour partager ensemble cette fête de dialogue, de l’échange, du partage, de la solidarité, cette fête qui fait briller les yeux des enfants et qui renvoie chacun d’entre nous au bonheur de l’enfance.
 
Tout cela, en 2018 et tant d’autres choses comme nos opérations de voirie à la rue Chabanon pour protéger la sortie des enfants de l’école, ou à la rue Saint Suffren pour faire une rue «pilote» pour la déambulation des malvoyants, la rue Négresko, tout cela et tant d’autres choses encore, nous l’avons fait avec mon équipe et nous l’avons fait grâce à elle, et au soutien sans faille du Maire de Marseille, Jean-Claude
GAUDIN, et de la Présidente du Département et de la Métropole, Martine VASSAL.
 
En 2019, nous aurons d’autres grands rendez-vous que je ne peux pas détailler dans le temps qui m’est imparti mais je peux citer quand même bien entendu cette opération phare qui est la requalification du cours Lieutaud, phare et exemplaire parce qu’elle est venue du terrain, du comité d’intérêt de quartier, elle a été portée par les responsables politiques au fur et à mesure du temps et à travers leurs différences parce que, ce qui compte, ce ne sont pas tant les partis, les étiquettes que l’intérêt général.
 
Au final, je souhaite une année 2019 plus enthousiasmante que 2018. Avec moins de tensions et plus de bienveillance.
Je crois que nous devons tous collectivement réfléchir plutôt à ce qui nous rassemble que de mettre en exergue ce qui nous sépare. Et surtout, nous devons nous souvenir de la chance qui est la nôtre de vivre en France, certes il y a de la difficulté mais nous avons la chance de vivre dans un pays formidable, pays de paix et de liberté. Oui, c’est une chance de vivre en France et en France c’est un privilège EXTRAORDINAIRE de vivre à Marseille, une ville à nulle autre pareille, une ville dynamique, généreuse, fraternelle, qui a marqué l’histoire de l’Europe et du Monde.
 
Je suis sûr que vous ne voudriez pas vivre ailleurs … Et moi non plus ! Bonne année à vous !
 
Vive Marseille ! Vive la République et vive la France !
 
Retrouvez ma vidéo de présentation de vœux :
 
https://youtu.be/jveWVMc-Y3g
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